En 1928, les Jeux de la IXème Olympiade s'ouvrent dans un pays où les gens vivent en paix, en un période où le monde connaît une ère de prospérité et de paix qui ne se retrouvera plus jusqu'à nos jours.
    La Hollande, havre de paix, comme l'était la Suède en 1912 n'a pas été non plus mêlée au conflit universel qui s'est terminé 10 ans plus tôt.
    On reprochera à la Hollande, au cours de ces Jeux de n'avoir pas donné aux compétitions toute la sérénité désirable et d'avoir entretenu une curieuse impression de malaise, provoquée sans doute, du côté français, par le retour de l'Allemagne au sein de l'Olympisme.
    Un incident navrant se produit peu avant l'ouverture des Jeux.
    En effet, la veille du début des compétitions, des athlètes français ont voulu reconnaître les installations du stade olympique.
    Sous la conduite de M. Paul Méricamp, secrétaire général de la Fédération Française d'Athlétisme, les athlètes se heurtent à un gardien irascible qui leur interdit le passage. Pourtant quelques instants auparavant, ce même gardien a ouvert la porte à une autre délégation. Les Français sont furieux et M. Méricamp réagit vivement en essayant d'écarter le gardien. Ce dernier, se croyant menacé, lève la main et frappe d'un coup de clé le visage de M. Méricamp. Les Français se retirent sous la conduite du dirigeant molesté.
    Des excuses verbales seront rapidement obtenues du Comité d'Organisation présidé par M. Van Rossen.
    L'incident serait clos, si le lendemain, l'un des cars amenant l'équipe de France au stade pour le défilé inaugural ne se voyait refuser l'entrée, faute de laissez-passer officiel. Les athlètes descendent alors du bus et tentent de pénétrer individuellement. Ils se heurtent malheureusement au gardien, qui la veille, a boxé M. Méricamp. Les athlètes refoulés s'éloignent, remontent dans le car ; et ceux qui sont déjà passés se joignent aux dissidents et se solidarisent avec eux.

    La décision est bientôt prise, unanimement, de ne point participer au défilé qui va s'ouvrir une demi-heure plus tard avec l'entrée de la délégation grecque, innovation qui sera suivie par une autre "invention" : la flamme olympique, allumée à Olympie et transmise par relais humains à travers la Grèce, la Yougoslavie, l'Autriche, l'Allemagne et la Hollande, brûlera, symbole de l'union de la jeunesse du monde, dans une énorme vasque. La flamme olympique brûlera pendant les deux semaines que dureront ces Jeux.

défilé de la délégation américaine le serment olympique le drapeau olympique


    "L'affaire française" a pris des proportions telles que les ministères des Affaires étrangères des deux pays doivent intervenir afin que le différend ne tourne pas à l'incident diplomatique. De nouveaux regrets officiels sont formulés, par écrit cette fois. Au soir de cette journée mouvementée, Pierre Lewden, délégué par les dirigeants français, prête le serment olympique au nom de son équipe, à huis clos, devant le CIO
    Les esprits se calmeront, mais il subsistera dans le camp français un ressentiment profond que les déceptions sportives ne feront qu'aviver.

    Ce qui subsiste dans les esprits, c'est le nombre des pays participants qui se monte à 46 avec 2970 athlètes dont 290 femmes.
    Pierre de Coubertin, à qui a succédé, à la tête du CIO, le compte Henri de Baillet-Latour, de nationalité berge, peut adresser en toute sérénité ses adieux officiels aux participants des Jeux d'Amsterdam. Dans son discours, il s'adresse aux athlètes :
    "Je vous demande de conserver et d'entretenir parmi vous la flamme de l'olympisme rénové et de maintenir les principes et les institutions qui lui sont nécessaires : d'abord l'égalité des grandes catégories de sports individuels : sports athlétiques et gymnastiques, sports de combat, sports nautiques, sports équestres...
    Le serment des athlètes qui, fondé sur le sentiment de l'honneur, renferme le germe de la seule solution efficace du problème de l'amateurisme.
    L'usage du drapeau olympique qui assemble les couleurs de toutes les nations et symbolise les 5 parties du monde unies par le sport.
    Le cérémonial et les formules de l'ouverture et de la clôture des Jeux avec le salut final à l'hellénisme dont ils sont issus.
    Enfin, l'autorité du Comité international, dont le recrutement indépendant garantit le maintien des traditions sans que cela doive impliquer d'immixtion gênante dans les questions techniques.
    Je crois que de plus en plus, les grands tournois organisés en marge des jeux doivent avoir leur pleine autonomie et ne doivent pas être confondus avec les Jeux eux-mêmes dont le but premier est la glorification de l'athlète individuel.
    J'espère que, de plus en plus, la succession régulière des Olympiades aidera à rythmer la vie sportive, à la contenir, à la préserver contre ses propres excès...
    ...De même que l'olympisme a traversé sans atteinte la guerre mondiale, il survivra aux révolutions sociales.
    L'important est, qu'à tous les degrés, de l'adolescent à l'homme mûr, on travaille à répandre l'esprit sportif, fait de loyauté spontanée et de désintéressement chevaleresque. Je remercie encore ceux qui m'ont suivi et successivement aidé dans la tâche poursuivie depuis 40 ans à travers tant d'embûches et d'hostilités."


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