Athènes 1896

EPREUVES MARQUANTES

    La rénovation des Jeux Olympiques n'est pas aisée en 1896, lorsque Athènes tente de relancer l'esprit olympique de la Grèce Antique en organisant du 4 au 15 avril la première olympiade de l'ère moderne. Les Grecs veulent, à travers l'organisation de ces jeux, retrouver l'héritage de leur passé pour croire en leur avenir.
    Les Jeux commencent donc en ce mois d'avril 1896. Les athlètes des différentes nationalités qui se sont engagés pour prendre part aux épreuves entrent dans le stade et attendent que la famille royale grecque arrive.






ATHLETISME



    Les Jeux Olympiques commencent comme le veut la tradition antique par les séries de courses.

    La seconde épreuve est le triple saut. 10 concurrents prennent part à la compétition, mais dès les premiers sauts, la supériorité de l'Américain Connolly est évidente. Après une âpre lutte, Connolly devient le premier champion olympique de l'ère moderne avec un saut à 13,71m. Tuff'eri se classe second avec un bond de 12,70m, devant Persakis qui se classe 3ème avec 12,52m.

    L'épreuve du disque promet d'être aussi accrochée que celle du triple saut puisque les concurrents grecs sont d'excellents lanceurs de disque. En tout 11 concurrents participent à l'épreuve. Après quelques lancers il ne reste plus que les deux Grecs, Versis et Paraskevopoulos et l'Américain Garrett. Versis n'est pas capable de se maintenir au niveau des deux autres et la compétition devient un duel entre Paraskevopoulos et Garrett. Dans son dernier lancer, l'athlète grec projette son disque à 28,95m. Tous considèrent que Paraskevopoulos est le vainqueur, mais Garrett lance son disque à 29,15m et enlève à son tour un titre olympique.

    En athlétisme, la domination américaine tourne par ailleurs à la démonstration. Thomas Burke gagne le 400m en 48"4/5e devant Jameson.
Dans la finale du 100m, les 6 concurrents courent aussi vite que l'éclair, mais l'Américain Burke arrive premier en 12" devant l'Allemand Hoffman.

    En saut en longueur, des 18 concurrents inscrits, seuls 8 prennent part à la compétition. Le vainqueur est l'Américain Ellery Clarke avec un saut à 6,35m devant ses compatriotes Garrett et Connolly.

Ellery Clarke

    En saut en hauteur, les compétiteurs échouent les uns après les autres et Clarke l'emporte avec un bond de 1,81m. Ellery Clarke devient le maître incontesté des sauts avec une victoire en longueur et en hauteur.

    Le saut à la perche voit la plupart des concurrents abandonner aux environs de 2,85m ; seuls les Américains Hoyt et Taylor sont encore en lice. William Hoyt s'élève à 3,30m et remporte le titre.

    Au 110m haies, la course tourne au duel entre l'Américain Curtis et l'Anglais Goulding. Curtis l'emporte en en 17"6.

    Huit concurrents participent au 1500m. Le Français Lermusiaux mène pendant un moment, mais Edwin Flack l'Australien dépasse tous ses adversaires et couvre la distance en 4'35"20. Au 800m, il couvre la distance en 2'11" devant le Hongrois Dani et remporte son second titre. Flack est l'incontestable roi du demi-fond de ces Jeux d'Athènes.




CYCLISME



    Les Français quant à eux remportent des victoires en cyclisme avec Léon Flameng et Paul Masson.
    Au 2000 mètres, 4 coureurs participent. Tout d'abord, c'est l'Allemand Rosenmayer qui mène, mais il se fatigue très vite. La lutte va donc avoir lieu entre 3 hommes, les deux Français Flameng et Masson et le Grec Nikolopoulos. Masson l'emporte en couvrant la distance en 4'58"1 devant Nikolopoulos qui couvre la même distance en 5'0"1.

    Au 10000 mètres (épreuves supprimée après 1904), 6 coureurs participent. Dès les premiers tours, les deux Grecs Colletis et Constantinidis entrent en collision et chutent. La compétition se poursuit entre les 4 autres concurrents et Masson l'emporte une nouvelle fois en couvrant la distance en 17'54"20

    Dans l'épreuve de vitesse, 8 coureurs prennent part à la compétition. Masson boucle son tour 24" devant Nikolopoulos en 25"4.

    Au total, Paul Masson remporte 3 des 6 épreuves cyclistes. Avant ces Jeux il était peu connu, mais grâce à ses trois victoires, il devient le meilleur cycliste des Jeux Olympiques de 1896.

    Flameng remporte l'épreuve du 100 kilomètre sur piste.(Cette épreuve après 1908 consistait à faire 300 tours de piste). Au fil des tours, la plupart des concurrents abandonnent, épuisés ; Seuls deux concurrents peuvent encore prétendre au titre, le Français Flameng et le Grec Colettis. Flameng tombe de sa bicyclette et s'écorche, mais il enfourche à nouveau son vélo et reprend la course avec tant de zèle qu'il parvient à la gagner après 3h 8mn 19s.




ESCRIME



     Une autre médaille d'or française sera remportée en escrime par Gravelotte.



MARATHON



    Mais c'est le 10 avril que la Grèce va exulter de joie. En effet, le Grec Spiridon Louis remporte les 40 km du marathon. Cette course qui symbolise l'héritage des Jeux de l'Antiquité devient le monument des Jeux.
    Voici le récit de cette course fabuleuse :

        C'est dès le 10ème kilomètre que s'engage la lutte pour la victoire. C'est à ce moment que le Français Albin Lermusiaux qui avait été 3ème du 1500m se détache progressivement. Il compte bientôt une bonne avance sur l'Australien Flack (champion olympique du 800m et du 1500m), sur le Hongrois Kelner et sur l'Américain Black. Le Français accentue encore son avance et laisse ses adversaires immédiats à près d'un kilomètre.
    L'Américain Black abandonne au 23ème kilomètre et Vassilakos se place en 3ème position. Lermusiaux est toujours premier et Flack second.
     Cependant après le 30ème kilomètre de course, Lermusiaux s'arrête au bord de la route, victime de crampes. Un compatriote lui frotte les jambes avec un onguent ; Lermusiaux repart, mais le rythme de sa foulée est cassé. 2 kilomètres plus loin Lermusiaux s'effondre sur la route.
     Flack est désormais en tête, mais à quelques centaines de mètres derrière lui apparaît un autre coureur, le Grec Spiridon Louis.



    Au 33ème kilomètre, Louis rattrape, dépasse Flack et se maintient une vingtaine de mètres devant lui jusqu'au 36ème kilomètre.
    Au 37ème kilomètre, Louis accélère sa foulée. Flack s'effondre et est évacué, inconscient.
     Dans le stade olympique, la foule attend en silence l'arrivée du premier coureur. Lorsque Louis pénètre sur la piste l'assemblée pousse un cri de joie qui le porte jusqu'à la ligne d'arrivée, offrant à la Grèce la plus belle de ses neuf victoires olympiques.



    La légende du marathon est née.

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