EPREUVES MARQUANTES

    Les Français remportent 7 titres à Berlin. Seuls les boxeurs, les cyclistes, les haltérophiles et les lutteurs s'en tirent avec les honneurs.



HALTEROPHILIE



    Comme à Los Angelès, Louis Hostin ouvre le feu. Dans la catégorie des poids mi-lourds, il est opposé à l'Allemand Eugen Deutsch. Dès le développé, Hostin prend 10 livres d'avance sur son rival. A l'épaulé-jeté, un essai compté bon au Français par le jury provoque un tollé général. A minuit, le 3 août, Hostin gagne avec 372,500 kg.
    Hostin reçoit sa médaille d'or le lendemain au stade olympique où la "Marseillaise" retentit avant que le Führer ne fasse son apparition dans la loge.

    L'Egyptien El Touny, chez les moyens, réussit 387,500 kg.




LUTTE



    Emile Poilvé, un lutteur de 33 ans, est vainqueur dans les moyens en lutte libre après être resté sans interruption sur le tapis de 19h à 3h du matin.



CYCLISME



    Le cyclisme apporte 8 médailles au camp français dont 3 d'or.

    En vitesse, l'Allemand Toni Merkens bat le Hollandais Arie Van Vliet. Mais le Hollandais dépose une réclamation à la suite d'une irrégularité de Merkens qui l'a balancé à deux reprises. Merkens écope simplement d'un blâme et d'une amende de 100 marks, mais il n'est pas disqualifié. Le Français Louis Chaillot, prend une honorable 3ème place.

    Le Français Pierre Georget se classe 2ème dans le kilomètre contre la montre tout près de Arie Van Vliet.

    Les Français font, par ailleurs, merveille dans la poursuite par équipes où ils dominent les Italiens.

    Robert Charpentier, Guy Lapébie prennent les deux premières places de la course sur route.
    Par une journée radieuse, 50 cyclismes débouchent de front pour le sprint final. Les Français sont au milieu du peloton et tardent à s'en dégager. A 300 m de l'arrivée, on ne distingue pas encore les maillots bleu-blanc-rouge dans l'énorme groupe qui se rue vers la ligne. Tout à coup, sur la gauche, Robert Charpentier surgit en zigzaguant et s'arrache d'un paquet de coureurs italiens, au moment précis où il va se trouver enfermé. Dans sa roue Guy Lapébie se fraie un chemin ; dans un sprint tumultueux les deux hommes prennent deux longueurs à leurs adversaires. Lapébie, que l'on croit le plus rapide s'incline devant son compatriote sans bien comprendre ce qui lui est arrivé :
"Quand Charpentier a démarré, j'ai voulu le suivre et l'attaquer. Mais une main m'a retenu par la selle. J'ai dû taper dessus pour le faire lâcher." explique-t-il.




BOXE



    La boxe offre deux autres médailles aux Français.
    Dans la catégorie des moyens, Jean Despeaux est consacré meilleur styliste du tournoi. En finale contre le Norvégien Henry Tiller, Despeaux effectue un festival de coups variés et l'importe très nettement aux points.

    En mi-lourds, Roger Michelot ne laisse pas passer sa chance face au Danois Holm en demi-finale, puis contre l'Allemand Richard Vogt en finale.




ESCRIME



    Les Français, qui attendent beaucoup de leurs escrimeurs, demeurent sur leur faim dans ce sport. Ils se défendent certes avec un certain panache, mais les Français devront se contenter de la médaille d'argent d'Edward Gardère au fleuret individuel. Il est, en effet battu par Giulio Gaudini qui voit ses efforts couronnés de succès après 3 tentatives aux Jeux.

    L'équipe de fleuret remporte également la médaille d'argent derrière l'Italie.

    L'équipe d'épée se classe, elle, à la 3ème place.

    Le sabre est réservé aux Hongrois.
    Le sabre individuel revient à Endre Kabos.

    La compétition de sabre par équipes est remportée par l'équipe de Hongrie.

    Le fleuret féminin revient à la Hongroise Ilona Elek qui prend le meilleur sur l'Allemande Helene Mayer.

    L'Italie domine la situation plus nettement qu'elle ne l'a jamais fait.
    Franco Riccardi gagne l'épée où pas un Français n'atteint la finale individuelle.




GYMNASTIQUE



    L'Allemagne se taille la part du lion en gymnastique grâce à Alfred Schwarzmann qui remporte le concours général et le saut de cheval.

    L'Allemand Konrad Frey, quant à lui, se classe premier des barres parallèles et le cheval d'arçon.

    L'Allemagne remporte également le concours général par équipes hommes.

    Chez les dames, les Allemandes font aussi bien que les hommes dans le concours par équipes.




YACHTING



    L'Allemagne brille en yachting en Star. Mais la disqualification de la Suisse, dans la même catégorie, pour fait de professionnalisme, provoque des remous...



AVIRON



    L'Allemagne surclasse également les autres nations en aviron.
    5 fois de suite, le "Deutschland über alles" retentit, repris en choeur par 25 000 voix. Il s'en faut de peu que 2 titres supplémentaires ne reviennent par surcroît à l'Allemagne.

    Voici les victoires allemandes :
    Gustav Schafer remporte le skiff.

    L'Allemagne est victorieuse en deux sans barreur.

    Le deux barré est aussi victorieux que le deux sans barreur.

    Le quatre sans barreur s'impose, lui aussi.

    Finalement le quatre barré clos le festival allemand.

    Les Etats-Unis s'imposent en 8, mais l'Italie et l'Allemagne sont à 1/4 de longueur.



    En double-sculls, l'Allemagne croit tenir la victoire quand aux 1000 m Kaidel et Pirsch possèdent une longueur d'avance sur l'équipage britannique. Mais après un bord à bord impressionnant, les Anglais arrachent le titre dans les ultimes coups de pelle. Les héros de cette extraordinaire remontée se nomment Leslie Southwood et Jack Beresford.




EQUITATION



    L'Allemagne est dominatrice en sports équestres où tous les titres lui reviennent.
    En effet, Heinz Pollay remporte le dressage individuel.

    L'équipe d'Allemagne de dressage s'impose également.

    En concours complet individuel, c'est Ludwig Stubbendorff qui l'emporte.

    L'Allemagne sort également victorieuse du concours complet par équipes.

    En saut d'obstacle, Kurt Hasse est couronné champion olympique.

    L'équipe allemande de saut d'obstacle est également sacrée championne olympique.




HANDBALL



    L'Allemagne remporte le handball qui, pour la première fois, figure au programme des Jeux et n'en fera plus partie jusqu'en 1972.



BASKET-BALL



    Le basket-ball débute également aux Jeux, non sans critiques.
    Sur le terrain glissant (le match se joue en extérieur), les Américains et les Canadiens ont toutes les peines du monde à conserver leur équilibre. Les Américains mènent à la mi-temps par 15 à 4. Ils ferment encore plus le jeu en seconde période. Les deux équipes ne marquent chacune que 4 points. Les Américains, sous les sifflets du public, monopolisent en effet le ballon pendant d'interminables minutes.




NATATION



    La natation, pour sa part, a considérablement progressé en une olympiade.
    C'est un Hongrois, Ferenc Csik, qui enlève le 100 m, ardemment disputé. En effet, 4 nageurs terminent en 50 cm.

    Les Américains, menacés par les Japonais, conservent leur suprématie sur 400 m grâce au puissant Jack Medica. Ce dernier ne s'affole pas après avoir concédé jusqu'à 2" de retard au Japonais Shumpei Uto. Medica revient progressivement et passe son rival dans la dernière longueur pour terminer en 4'44"5.

    Les Japonais ne connaissent pas la même réussite qu'en 1932.
    Noboru Terada l'emporte cependant sur 1500m.

    Le relais 4x200 m nippon établit un nouveau record mondial en 8'51"5.

    Le Japonais Tetsuo Hamuro est vainqueur sur 200 m brasse où le papillon fait son apparition.

    Le plus impressionnant champion de Berlin est sans conteste l'Américain Adolph Kiefer qui surclasse ses rivaux sur 100 m dos en 1'5"9, laissant son compatriote Albert Van de Weghe à près de 2".

    Richard Degener remporte le plongeon du tremplin.

    Marshall Wayne permet un nouveau trust américain en remportant le plongeon de haut vol. Seul l'Allemand Hermann Stork réussit à arracher une médaille de bronze en haut vol.

    La natation féminine est marquée par un scandale qui déchaîne les passions au sein de la délégation américaine. Eleanor Jarrett figure parmi les prétendantes au titre.
    Dès 1934, le Comité Olympique américain, présidé par M. Brundage, se préoccupe du cas de cette jeune femme. On cherche, en effet, à la disqualifier pour faits de professionnalisme.
    Eleanor Holm-Jarrett se qualifie cependant brillamment pour Berlin.
    A bord du paquebot qui transporte la délégation des Etats-Unis de New-York à Hambourg, Mrs Jarrett a le tort de se montrer trop souvent au bar et d'y apprécier tout particulièrement le champagne.
    A l'arivée en Allemagne, M. Brundage explique à la presse que Eleanor Holm-Jarrett a été éliminée de l'équipe des Etats-Unis pour ne pas avoir "respecté les règles de l'entraînement".
    Les Etats-Unis perdent les 100 m dos au profit de la Hollandaise Nida Senff qui, en 1'18"9, souffle la victoire à sa compatriote Rie Mastenbroek.

    Rie Mastenbroek est la grande triomphatrice des épreuves de natation à Berlin où l'habituelle supériorité américaine est remise en question.
    Mastenbroek enlève en effet le 100 m nage libre où la favorite Willie den Ouden ne se classe que 4ème.

    Le 400 m nage libre revient également à Rie Mastenbroek.

    Mastenbroek complète son exceptionnelle moisson en participant au succès de la Hollande dans le 4x100 m nage libre.

    Les Américaines verront le 200 m brasse leur échapper au profit de la Japonaise Hideko Maehata.
    Maehata est couronnée au stade nautique et non au stade olympique, sans orchestre, mais pas sans musique. Alors qu'elle vient de monter sur la plus haute marche du podium pour y recevoir sa médaille d'or, on voit se dresser, sur tous les gradins de la piscine, les Japonais présents. D'une seule voix ils entonnent l'hymne japonais.

    L'Américaine Dorothy Poynton-Hill gagne le haut vol.

    L'adolescente Marjorie Gestring remporte le tremplin.


    En ce 16 août, lors de la cérémonie de clôture, on n'en finit pas d'entendre le "Deutschland über alles".
    Vers 21 h, le comte de Baillet-Latour prononce une courte allocution :
    "Puisse les Jeux de 1940 à Tokyo se dérouler dans la concorde et l'allégresse. Puisse le flambeau olympique poursuivre sa route à travers les âges pour le vien d'une Humanité toujours ardente, plus courageuse, plus pure. Qu'il en soit ainsi."

    Hitler savoure son triomphe.
    Il est vrai que les Jeux, grande réussite sur le plan sportif, n'ont été qu'un prétexte destiné à montrer au monde la puissance du nazisme triomphant.
    Le parti nazi est sorti grandi des Jeux. Le Chancelier Hitler a montré la puissance de l'Allemagne ; depuis que le parti est au pouvoir, l'Allemagne est redevenue la grande Allemagne.
    L'Allemagne a triomphé 33 fois aux Jeux alors qu'avant elle ne faisait que de la figuration.
    Debout dans la tribune, face au public, Hitler salue longuement le drapeau olympique que l'on emmène lentement hors du stade pour ne revenir qu'en 1948.


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