EPREUVES MARQUANTES

    Le comte Henri de Baillet-Latour préside pour la troisième fois les Jeux Olympiques d'hiver en tant que Président du CIO.
    Armand Massard remplace la Comte Justinien de Clary à la tête du Comité Olympique Français.

    A ces Jeux, 756 athlètes sont engagés, dont 675 hommes et 81 femmes.

    Lors des 11 jours de compétition, 17 épreuves seront disputées, représentant 4 sports. Au total, 51 médailles seront décernées devant près de 235 000 spectateurs.
    4 sports sont au programme avec l'apparition, décidée par le CIO en 1932, de l'épreuve du combiné alpin, hommes et femmes. Cette épreuve se compose d'une épreuve de descente et d'un slalom.
    2 sports de démonstration font leur retour : la patrouille militaire et le curling.

    Rien ne sera négligé pour ces IVème Olympiades.
    Dans l'intérêt du pouvoir nazi, le ministre de la Propagande, Goebbels, fait débloquer des fonds spéciaux afin que l'Allemagne puisse montrer au reste du monde sa capacité à organiser de grands événements.
    De grands travaux sont donc entrepris, dont l'immense stade couvert qui recevra les épreuves de patinage et les infrastructures hôtelières pour les délégations. Ces Jeux de Garmisch-Partenkirchen sont "la Grande Répétition" pour les XIème Jeux Olympiques d'été qui se dérouleront 6 mois plus tard à Berlin, capitale du IIIème Reich.

    Ces Jeux battront des records de participation malgré les voix qui s'élèvent dans de nombreux pays d'Europe et aux Etats-Unis pour demander l'annulation de ces Jeux à la gloire des nazis.
    L'Allemagne avait, en effet, revendiqué son droit de priorité pour organiser les Jeux d'hiver. Le 8 juin 1933, à la 31ème session de Vienne, le CIO avait annoncé que les 2 communes de Garmisch et de Partenkirchen, en Bavière, organiseraient les IVème Jeux Olympiques d'hiver.

    Le 6 Février, donc, 28 pays défilent dans le stade. 6 nations font leur entrée : la Grèce, l'Espagne, la Bulgarie, l'Australie, le Lichtenberg et la Turquie.
    Sous des bourrasques de neige, le Chancelier Adolf Hitler prononce l'ouverture des Jeux de "Ga-Pa".
    Voici comment les journaux de l'époque ont relaté l'événement :
    "Ce matin sur le stadium de ski, la traditionnelle cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques s'est déroulée sous la présidence du Chancelier Hitler. De sa voix profonde et grave, le Führer a proclamé l'avènement de l'année olympique..."
    Aussitôt les fanfares entonnent l'hymne de l'alliance universelle composé par Richard Strauss. Des salves éclatent des montagnes, en haut du tremplin de ski où l'on boit brûler la flamme sacrée qui ne s'éteindra que le dernier jour des Jeux.

    C'est ensuite le défilé des délégations, non seulement devant Hitler et le Comte Henri de Baillet-Latour mais aussi devant des personnalités comme l'Ambassadeur de France, André-François Poncet.     Le serment est prêté par le skieur nordique Wilhelm Bogner.

    Les seules images de ces Jeux et de la cérémonie seront prises par les photographes allemands, eux seuls autorisés à couvrir l'événement.




PATINAGE ARTISTIQUE



    Une nouvelle fois, ces Jeux sont l'occasion pour Sonja Henie de faire la démonstration de tout son talent.
    Le 15 Février, il n'y a plus aucune place dans l'immense patinoire couverte pour admirer la "Fée de la glace" qui entame, à 24 ans, sa dernière olympiade.
    Sa prestation est toujours aussi légère et sûre, mais une jeune patineuse, Cécilia Colledge, âgée de 15 ans, trouble la sérénité de Henie. Néanmoins, le naturel revenant au galop, Sonja Henie décroche sa 3ème médaille d'or olympique.

    Le Berlinois Ernst Baier, âgé de 30 ans et sa partenaire Maxi Herber, âgée de 15 ans l'emportent. Ils sont les premierts à effectuer les mêmes mouvements synchronisés sans se toucher.



    Le lendemain de sa victoire en couple, Ernst Baier remporte la médaille d'argent dans la compétition messieurs.




PATINAGE DE VITESSE



    En patinage de vitesse, le successeur du Finlandais Clas Thunberg se nomme Ivar Ballangrud. Les Jeux de 1936 seront sa grande satisfaction :
    Il remporte l'or sur 500 m.

    Le 5000 m lui revient également.

    Sur 10 000 m, le Norvégien Ballangrud et le Finlandais Wasenius font la course l'un contre l'autre. Ils sont au coude à coude pendant 4000 m avant que le Norvégien prenne le large.

    Sur 1500 m, c'est Charles Mathisen qui l'emporte.




SKI ALPIN



    Une jeune Allemande de 22 ans, Christl Cranz, sera la grande favorite de la nouvelle épreuve en ski, le combiné alpin.



    Au matin du 7 février, les conditions sont excellentes, la neige est bonne et le temps, froid et sec. La descente se déroule sur la piste de Kreuzeck. Le départ est donné à Christl Cranz mais, à la surprise générale, elle chute. Elle prend néanmoins la 5ème place du concours avec un retard de 19".
    C'est la jeune Norvégienne Laila Schou-Nielsen qui remporte la première descente de l'histoire du combiné alpin féminin devant deux Allemandes.
    Le lendemain matin, la championne allemande Christl Cranz prend la tête des deux manches du slalom. Elle remporte l'épreuve de slalom avec plus de 11" d'avance sur la seconde, l'Allemande Grasegger.
    Christl Cranz est la première femme à remporter le combiné alpin de l'histoire du ski. Au palmarès, une autre Allemande, Käthe Grasegger, s'empare de la médaille d'argent et la Norvégienne Laila Schou-Nielsen prend la 3ème place.

    Le combiné alpin messieurs permet à l'Allemagne d'obtenir un deuxième titre ainsi qu'une deuxième médaille d'argent.
    Le 7 février, la décision est prise de faire descendre les compétiteurs à travers la forêt. A la surprise générale, la descente du combiné est remportée par le sauteur norvégien Birger Ruud.
    Il s'adjuge l'épreuve avec plus de 14" sur le second, en 4'47"4. Emile Allais, le Français, termine à la 4ème place avec un temps moyen de 4'58"8.
    Le 9 février, le départ de la seconde épreuve, le slalom, est donné. Le jeune Allemand Franz Pfnür, second de la descente, obtient la victoire. Il est également couronné champion olympique du combiné alpin.
    Un autre Allemand, Gustav Lantschner, remporte la 2ème place du slalom et la 2ème place également du combiné.
    Emile Allais réalise une nouvelle fois un slalom très moyen à plus de 11" du premier mais réussit tout de même à se classer 3ème.




HOCKEY SUR GLACE



    Le capitaine de l'équipe de hockey sur glace allemande s'appelle Rudi Ball, un juif qui a fui lorsque les Nazis ont commencé leur campagne d'anti-sémitisme. Un mois avant les Jeux, il revient en tant que capitaine de l'équipe allemande après avoir été invité par les Nazis. Il était le seul juif de la délégation allemande aux Jeux Olympiques d'hiver.

    L'équipe du Canada est stoppée par la Grande-Bretagne en demi-finale lorsqu'Edgar Brenchley marque un but à la 14ème minute de la dernière période et permet aux Britanniques de l'emporter 2-1. La Grande-Bretagne reste ensuite invaincue grâce à un 0-0 dans leur dernier match contre les Etats-Unis.
    En fait, 9 des 12 membres de l'équipe britannique sont nés en Grande-Bretagne, mais ont déménagé au Canada lorsqu'ils étaient enfants. C'est là-bas qu'ils ont appris à jouer au hockey sur glace. Un 10ème joueur, Gordon Dailley, est même né au Canada et sert dans l'Armée canadienne.




BOB A 4



    La compétition de Bob à 4 est interrompue par de fortes pluies.
    Pierre Musy, membre du bob vainqueur, âgé de 25 ans, est le fils d'un ancien président de Suisse.
    Freddy McEroy, qui fait partie du Bob britannique, est en fait originaire d'Australie.




SKI DE FOND



    Dans le relais 4x10 km, Kalle Jalkanen, le dernier skieur finlandais, réussit une remontée spectaculaire. Poursuivant le Norvégien Bjarne Iversen, avec 82" de retard; il le rattrape à l'entrée du stadium de ski et l'emporte de seulement 20 m.


    La Norvège retrouve la première place du classement officieux des nations avec 15 médailles, dont 7 d'or, 5 d'argent et 3 de bronze. L'Allemagne, avec 6 médailles, prend la seconde place devant la Suède.

    Ces Jeux d'hiver, montés de toutes pièces par le ministre de la Propagande, Goebbels, sont une véritable mise en scène de la propagande nazie.

    Les Jeux de Garmisch-Partenkirchen sont les premiers à s'être déroulés dans des conditions météorologiques satisfaisantes. Du 6 au 16 février, les épreuves ont eu lieu sous un ciel bleu avec un temps froid et sec. Le lendemain de la clôture, la pluie fait son apparition sur "Ga-Pa".

    Le CIO félicite les Allemands d'avoir organisé des Jeux comme jamais ils ne l'avaient été auparavant.
    Le Président Baillet-Latour déclare le 17 février, au lendemain de la clôture des Jeux :
    Les IVème Jeux Olympiques d'hiver ont pleinement réalisé les espoirs que le CIO avait fondé sur eux. Dans toute l'histoire de l'olympisme moderne, on n'avait jamis encore vu un telle participation aux Jeux d'hiver, jamais les concurrents n'avaient été mis en présence d'épreuves si difficiles et jamais écho plus vif et plus joyeux n'avait été observé chez le peuple que les organisait...
    Je suis entièrement convaincu que les IVème Jeux Olympiques d'hiver ont donné une puissante impulsion à l'idée olympique qui tend à unir les peuples...".


    Le sport n'est plus uniquement affaire d'athlètes, mais également d'Etat : il devient la vitrine d'une nation.

    Peu après la fin de ces Jeux, 3 semaines après les beaux discours de fraternité, l'Allemagne envahit la Rhénanie.


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