Un homme au buste épais a pénétré dans l'arène, porteur de la flamme olympique que vient de lui transmettre Hannes Kolehmainen, champion olympique en 1912 et 1920.
    La rumeur grandit et se répercute bien au-delà des gradins du stade olympique d'Helsinki : Nurmi, Nurmi...
    La Finlande, à travers son idole foudroyée 20 ans plus tôt, en pleine gloire, par le CIO, lance un cri d'orgueil à la face du monde. (voir Los Angelès 1932)
    Quand Nurmi enflamme la vasque, en haut de la tour de 72,71 m une interminable ovation monte vers le ciel. Acte de reconnaissance envers un homme qui fut sacrifié, sans que jamais la Finlande ne l'admit, acte de foi en ce sport qui a constitué la raison d'être d'un peuple et aussi un élément de rénovation.



    Ce sera la seule manifestation de caractère nationaliste que se permettront les Finlandais. Depuis que les Jeux leur avaient été confiés, ils méditaient sur cette vengeance. Que vive donc l'Olympisme pour que la paix universelle soit préservée.

    Les Jeux d'Helsinki s'ouvrent sur un double record : 5867 athlètes représentent 69 pays. La Finlande et le CIO, par des détours diplomatiques, ont réussi à faire rentrer l'URSS dans le giron olympique.
    Le Japon et l'Allemagne, eux aussi, ont rejoint les nations olympiques. Curieusement, alors que la RDA que l'on appelle encore à l'Ouest, la Zone Soviétique, n'est pas représentée, on trouve 2 équipes allemandes à Helsinki, celle de la République Fédérale et celle de la Sarre qui, pour quelques mois encore, connaît une existence autonome.



    Pendant 2 semaines, les Jeux Olympiques baigneront, malgré la pluie, le vent et le froid, dans la ferveur populaire.



    La Finlande n'obtiendra certes que peu de médailles d'or. Elle n'en sera pas moins la grande triomphatrice de ces Jeux de la simplicité, de l'amitié, de la sportivité et la communion entre les peuples.


RETOUR JEUX OLYMPIQUES D'ETE ATHLETISME EPREUVES MARQUANTES