Lorsque le samedi 17 Juillet 1976 commencent à Montréal lesJeux de la XXIème olympiade, chacun pousse un "ouf" de soulagement.
    Jamais, en effet, depuis leur rénovation, les Jeux, avant leur ouverture, n'ont posé autant de problèmes.

    Au départ, ces Jeux de Montréal devaient être "modestes". En 1972, le budget prévisionnel avait été estimé à 310 millions de dollars. On sait aujourd'hui que le montant des dépenses atteindra finalement 1,5 milliard de dollars. Les revenus constitués par l'innovation miracle de l'autofinancement ne s'élèveront qu'à 610 millions de dollars. Le calcul est effrayant de simplicité : le déficit se monte à 890 millions de dollars.

    Le maire de Montréal, Jean Drapeau, veut faire de ces Jeux Olympiques sont plus grand triomphe.
    Face à ces projets somptueux, l'opposition se déchaîne à Montréal.
    Jean Drapeau se retrouve face à des grèves dures et puissantes ; pendant 120 jours le chantier olympique restera inerte.
    Le 20 novembre 1975 le point de rupture est atteint : le gouvernement provincial du Québec, sous l'implusion du ministre de l'Environnement, supplée la ville et prend les Jeux en mains en créant le Régie des Installations Olympiques.
    Il faut aller si vite que beaucoup d'observateurs, compte tenu de l'état des chantieurs, sont persuadés que ces Jeux ne pourront avoir lieu à Montréal.
    Finalement, Montréal sra capable, in extremis, de sauver la face et d'accueillir les Jeux Olympiques.

    C'est au moment où l'on commence à respirer de ce dôté-là que le politique fait une entrée tonitruante dans l'arène olympique. Le gouvernement canadien, qui ne reconnaît que la Chine communiste, refuse aux athlètes de la Chine nationaliste qu'elle ne reconnaît pas l'entrée sur le territoire du Canada.
    Les tractations vont épuiser Lord Killanin /
    "Lorsque le Canada a été choisi pour recevoir les Jeux, vous vous êtes engagés à respecter la Charte Olympique" dit-il aur représentants du gouvernement canadien.
    "Certes, mais en ce temps-là, nous n'avions pas encore reconnu Pékin. Qoui que vous fassioez les Formosans ne défileront pas chez nous sous la bannière République de Chine", répond le gouvernement canadien.
    Lord Killanin et le CIO sont coincés.
    Face à l'intransigeance canadienne, il va donc se tourner vers les représentants de Formose.
    Finalement, Formose renonce à participer.

    L'Afrique du Sud est exclue des Jeux Olympiques pour viol de la Charte Olympique, mais les Africains veulent s'attaquer à la Nouvelle-Zélande qui continue à jouer au rugby contre l'équipe Sud-Africaine.
    Les comités olympiques nationaux de 16 pays africains exigent implicitement du CIO l'expulsion de la Nouvelle-Zélande des Jeux Olympiques en raison de ses relations sportives avec l'Afrique du Sud dont la politique d'apartheid est contraire à la Charte du CIO.
    Dans une lettre remise à Lord Killanin, les 16 nations soulignent que "si le CIO ne répond pas à cet appel humanitaire les comités olympiques nationaux se réservent le droit de reconsidérer leur participation aux Jeux Olympiques de Montréal." Les signataires indiquent "être au regret de devoir porter à la connaissance du CIO l'indignation de tous les sportifs et sportives d'Afrique denat la collaboration des autorités sportives de Nouvelle-Zélande avec l'Afrique du Sud raciste en dépit de la condamnation par le monde entier de telles relations portives. Nous rappelons que le CIO lui-même annula la reconnaissance du Comité Olympique sud-africain en raison de sa politique d'apartheid dans le sport. Nous n'avont pas d'autre recours pacifique contre l'aide à visage découvert de la Nouvelle-Zélande aux actees d'inhumanité contre les Africains en Afrique du Sud que d'appeler le CIO à interdire à la Nouvelle-Zélande de participer aux Jeux Olympiques de 1976."
    Les dirigeants sportifs africains n'ont pas réussi à définir une attitude commune à l'égard de la participation de la Nouvelle-Zélande. Si le CIO refuse de prendre position, chaque comité olympique national africain déterminera individuellement sa position : boycotter les Jeux ou rester en se contentant de publier une déclaration de principe.
    Le jour même de l'ouverture des Jeux, le 17 juillet, la décision es prise. L'Afrique fait sécession, il s'agit là d'une décision purement politique, dictée par les gouvernements. Seuls le Sénégal et la Côte d'Ivoire, courageusement, resteront à Montréal.
    On ne verra donc pas les coureurs éthiopiens, on ne verra pas le fabuleus duel promis sur 1500 m entre Bagi et Walker, on ne verra pas Akii Bua conte les Américains sur 400 m haies... Navrant.

    Malheur également aux athlètes qui auront utilisé des produits dopants pour enlever une médaille d'or aux Jeux de Montréal.
    Tout est au point pour effectuer quotidiennement une centaine de contrôles anti-dopage, soit près de 1500 pour l'ensemble des Jeux, et 90 recherches de produits anabolisants.

    Pour finir, la dépense pour le dispositif de sécurité est estimée à 100 millions de dollars. L'armée, la police montée, la police provinciale et la police de Montréal ont fourni 16 000 hommes pour protéger les athlètes et autres mombres des délégations étrangères, notamment la reine Elisabeth, qui préside la cérémonie d'ouverture.



    Enfin donc les Jeux s'ouvrent, mais l'Algérie, le Congo, l'Egypte, l'Ethiopie, la Gambie, le Ghana, le Kénya, le Libye, le Malawi, le Nigéria, le Niger, l'Ouganda, le Soudan, le Tchad, le Togo, la Haute-Volta et la Zambie, soit 17 pays ne participent pas au défilé.
    En outre le Maroc, le Swaziland, la Tunisie, le Zaïre, la Tanzanie, la Guyane, la Mali, l'Ile Maurice et Madagascar ne participeront pas aux épreuves, soit 27 pays. En vérité seules la Côte d'Ivoire et la Sénégal représenteront l'Afrique à ces Jeux tronqués.
    Sur les 5 anneaux olympiques il va donc en manquer un : le noir.








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