36 ans après les Jeux Olympiques en Allemagne, c'est Munich qui abrite les Jeux.
    C'est une ville nouvelle, la Munich olympique qui, en moins de 4 ans, a jailli de terre.
    L'immense terrain de 300 hectares est devenu le complexe sportif le plus dense et le mieux structuré du monde.
    15000 ouvriers venus de 18 pays ont travaillé plus de 1000 journées sur le plus grand chantier du monde : 43 km de routes, 32 ponts, piscines, vélodrome, lac, 4 stades, un village olympique, un village de presse, une tour de télévision de 280 m, etc...
    Le total des dépenses a atteint la somme fabuleuse de 481 000 000 d'euros.



    L'aspect humain surgit à quelques jours de l'ouverture des Jeux d'une manière inattendue, âpre et violente. Brusquement on se demande si ces "Jeux Géants" ne vont pas devenir des Jeux tronqués. En effet, l'Afrique gronde, tempête et menace de se retirer des Jeux Olympiques si la Rhodésie n'en est pas exclue.
    En 1968, la Rhodésie n'avait pas été invitée à Mexico après que l'assemblée générale des Nations Unies eût déclaré illégal le régime de Salisburg.
    En 1971, Le Comité International Olympique invite la Rhodésie à Munich, à condition qu'elle participe, comme en 1964, sous le nom de Rhodésie du Sud, avec le pavillon britannique et en consevant le "God save the Queen" comme hymne national. Contre toute attente, la Rhodésie accepte.
    Le 9 août et en toute logique, les pays d'Afrique Noire réclament aux organisateurs qu'ils demandent aux Rhodésiens de faire la preuve de leur statut de sujets britanniques.
    Les autres Africains bouclent leurs valises soutenus par bon nombre de noirs américains :
    "Les Rhodésiens n'ont pas de passeports britanniques il sont ici en violant les conditions des accords pris entre eux, le CIO et le comité d'organisation." disent-ils.
    L'Ethiopie et le Kénya occupent les positions les plus en flèche, l'ambiance est extrêmement houleuse. Outre les pays africains, toutes les Antilles, le Pakistan et la Yougoslavie menacent de s'abstenir.
    L'organisation de l'Unité Africaine contrôle et orchestre fermement le mouvement.
    Pour les uns, c'est l'intrusion de la politique dans les sports, pour les autres, ces "embuscades juridiques" étaient les seules armes laissées aux Africains pour combattre la pire des politiques : celle fondée sur le racisme comme c'est le cas en Rhodésie et en Afrique du Sud, ce dernier pays étant définitivement exclu. Etant entendu que la Charte Olympique, elle-même, dit nettement que le racisme exclut des Jeux ceux qui le pratiquent, les Africains sont donc en règle à la fois avec leur conscience et avec la Charte.
    La commission exécutive et la session plénière du CIO se réunissent longuement.
    C'est fait ! par 36 voix contre 31 et 3 abstentions la session plénière du CIO décide de retirer à la Rhodésie l'invitation de participer aux Jeux de Munich.
    "La question était de savoir si oui ou non la Rhodésie avait respecté les termes de l'accord" dit M. Brundage.
    Le vieux maître du CIO ne donne aucun commentaire personnel officiel.

    L'affaire de l'expulsion rhodésienne fait couler tellemnt d'encre et vibrer tant de passions que l'élection de Lord Killanin à la place d'Avery Brundage à la tête du CIO passe inaperçue. D'autant plus qu'on parle aussi de l'entrée de la Chine de Pékin pour 1976.
    A 85 ans, le vieux lutteur s'en ira à la fin de ces Jeux après 20 ans d'un règne intransigeant et autoritaire. Et il s'en ira fort mécontent :
    "Le CIO vient de se suicider" confie-t-il à M de Beaqumont, rival de Killanin et battu par 39 voix contre 29.
    Avery Brundage ne cache pas la vive déception que lui a causé l'exclusion de la Rhodésie.

    La grande idée de cette cérémonie d'ouverture est bien d'avoir fait accompagner Günther Zahn, le jeune Allemand porteur de la flamme, par des athlètes représentant les 4 autres continents : l'Australien Clayton, le Japonais Kimiharu, l'Américain Jim Ryun et l'Africain Keino.



    Pendant le défilé des athlètes, on remarque de très beaux costumes typiques africains ou asiatiques et l'élégance légère des Françaises. Dans leur blazer bleu à lisière rouge les Français ont un petit côté facteur rural d'antan assez charmant et fleurant bon le terrain.

    Avery Brundage prononce ses avant-dernières paroles, officielles et se perd dans la foule.
    Demain, enfin, commencent les Jeux Olympiques célébrant la XXème Olympiade de l'ère Moderne.


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