EPREUVES MARQUANTES

    C'est à Paris qu'est confiée, dès 1897, l'organisation officielle des IIèmes Jeux Olympiques modernes.
    Les choses vont bon train : un programme plus complet que celui des Jeux Olympiques d'Athènes est défini. Il comporte 12 sports dont 5 nouveaux : la boxe, le football, le rugby, le polo et le tir à l'arc.
    Cependant l'organisation des Jeux laisse à désirer. En effet, les épreuves sportives sont disséminées un peu partout dans Paris et ses environs et surtout les épreuves s'étirent, sans programme bien précis, pendant plus de 5 mois, du 14 mai au 28 octobre.
    On est loin de l'esprit des lois olympiques que prône le baron de Coubertin lorsque les forces de police doivent intervenir pour éviter des incidents entre Français et Allemands lors d'un match de rugby.
    Pierre de Coubertin regrette également que les épreuves olympiques soient mêlées à des épreuves telles que la pêche à la ligne, le tir au canon, les échecs... mises en place pour amuser les foules venues visiter l'Exposition Universelle de Paris.
    Devant ce fatras, le baron de Coubertin n'a qu'un mot de regret : "On a utilisé notre oeuvre en la mettant en charpie".




ATHLETISME



    L'athlétisme, qui attire quotidiennement 2000 à 3000 spectateurs met du baume au coeur de Pierre de Coubertin.
    Tout débute mal cependant : les organisateurs ont décidé, sans consulter l'ensemble des délégations, de reporter les épreuves prévues le 14 Juillet au 15 en raison de la Fête Nationale.
    La finale du saut en longueur a donc lieu le dimanche 15 Juillet sans Myer Prinstein, recordman du monde du saut en longueur qui avait franchi 7,17 m en qualification. En effet, certains athlètes de l'équipe américaine refusent d'avoir une activité sportive le Jour de Seigneur. C'est donc le compatriote de Prinstein, Alvin Kraenzlein, qui n'a pas les mêmes convictions religieuses qui lui, qui enlève le titre avec un bond de 7,18 m.

    Prinstein aura sa revanche, le 16 Juillet, en gagnant le triple saut avec 14,47 m devant le premier vainqueur des Jeux modernes, James Connolly (13,97 m).

    Kraenzlein se distingue encore sur 60 m, sur 110 m haies et 200 m haies, ajoutant ainsi 3 autres victoires à son palmarès.

    Champion des champions des Jeux de Paris, Kraenzlein est suivi au palmarès par Ray Ewry, le roi des sauts sans élan qui s'attribue 3 titres en hauteur, longueur et triple saut, les 3 fois devant Irving Baxter qui a plus de chance au saut à la perche où il s'impose avec 3,30 m et au saut en hauteur avec élan où il l'emporte avec un bond de 1,90 m.
    Il faut s'intéresser de plus près à Ray Ewry qui a marqué l'histoire olympique de son histoire personnelle. En effet, dans son enfance, frappé par la maladie, il a passé 5 ans dans un fauteuil roulant ; son exploit, de gagner 3 médailles d'or olympique, n'en est que plus extraordinaire.

    Le 100 m échappe au grand favori, Arthur Duffey, invaincu depuis 2 ans aux Etats-Unis : il est stoppé brutalement à mi-course par un terrible claquage à la cuisse. Il laisse la médaille d'or à Franck Jarvis qui gagne en 11" devant Tewksbury. La course s'était déroulée sur une piste en herbe, surface qu'aucun concurrent ne connaissait ; c'est peut-être cette surface qui avait fait chuter Arthur Duffey.

    Un autre Américain affirme sa supériorité sur 200 m. Il s'agit de John Tewksbury qui gagne en 22"2. Il a auparavant couru le 400 m haies pour la première fois de sa carrière. Grâce à sa grande vitesse il devance le bon technicien qu'est le Français Henri Tauzin.

    Les Français n'auront pas plus de chance au 800 m où Henri Deloge termine 4ème. Après avoir vaillamment résisté dans le 1500 m Henri Deloge doit également s'incliner devant l'Anglais Charles Bennett qui bat le record mondial en 4'6"2.

    Maxey Long, l'un des célèvres champions de l'époque remporte le 400 m au grand désespoir de la foule qui attendait une victoire française.

    La supériorité américaine (17 titres sur 23) est battue en brèche dans les lancers. Le Hongrois Reszo Bauer gagne le disque avec 36,04 m devant Jandra-Suk, un Bohémien.

    Les Américains se rattrapent au poids grâce à Sheldon qui effectue un jet de 14,10 m et au marteau avec Flanagan qui lance à 49,73. Flanagan sera encore couronné en 1904 et 1908.

    La France sauvera l'honneur dans le marathon. En effet, c'est Michel Théato qui l'emporte sous une chaleur caniculaire (32°C) en 2h59'45" devant son compatriote Champion qui en finit en 3h4'17". Michel Théato est le seul athlète à porter un short contrairement à tous les autres concurrents qui portent un pantalon. Sa victoire déclanche une vague d'enthousiasme en France. Plus tard, il s'avèrera que Théato était originaire du Luxembourg et la victoire du marathon sera alors attribué au Luxembourg. Théato ne se verra remettre sa médaille d'or que 12 ans plus tard lorsque les instances olympiques auront décidé que le marathon de Paris était bien olympique.


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