Deux candidatures seulement pour les Jeux Olympiques de 1988...
    Le 30 Septembre 1981, les membres de l'Assemblée Générale du CIO, réunis en congrès à Baden Baden, élisent la ville organisatrice des jeux de la XXIVème Olympiade.
    Un an après les compétitions tronquées de Moscou, en 1980, 3 ans avant celles qui ne le seront pas moins, à Los Angelès, en 1984 par un effet de boomerang politique, les "cardinaus" du CIO ne mesurent pas pleinement l'enjeu d'un vote dont les implications multiples s'ajoutent aux problème soulevés par le choix de la métropole californienne.
    Alors que les plaies de la discorde est-ouest sont loin d'être refermées, les délégués olmpiques accordent 52 voix à Séoul, capitale de la Corée du Sud, contre 27 à Nagoya.

    Choix critiqué car pour Moscou et ses satellites, la Corée du Sud est un territoire indûment occupé par les Américains.

    Mais lors du vote, certains pays y voient l'occasion de se démarquer du bloc communiste et d'affirmer ainsi l'indépencance du CIO. D'autres estiment que les jeux doivent s'ouvrir à de nouveaux pays et que la désignation d'une ville comme Séoule s'inscrit dans la voie de l'internationalisation voulue par Coubertin ; enfin quelques idéalidtes convaincus pensent que les Jeux Olympiques, organisés en Corée du Sud, aideront à débloquer une situation qui s'éternise depuis près de 30 ans et qu'ils conforteront ainsi la paix mondiale.
    Cet audacieux pari, qui donne raison, 7 années plus tard, à ceux qui l'ont lancé, est très périlleux en 1981.

    Les dirigeants du Séoul voient dans l'obtention des Jeux, l'occasion pour leur régime dictatorial de marquer des points précieux contre le Nord, de prendre une revanche éclatante contre l'ancien occupant japonais et de s'affirmer au plan mondial, comme une nation à part entièr, universellement reconnue, sans tuteurs d'aucune sorte. Mais les observateurs ne peuvent ignorer qu'en contrepoint, une lourde menace pèse sur les compétitions olympiques : la République populaire et démocratique de Corée nourrit le rêve permanent de la reconquête du Sud et de la réunification sous l'égide socialiste.

    C'est dans ce contexte tendu que le CIO, avec l'assentiment de Séoul, engage en 1986, des négociations réunissant des représentants des comités olympiques du Nord et du Sud.
    Action difficile du CIO et de son président, Juan Antonio Samaranch, qui ne relâche cependant pas ses efforts.
    C'est alors que l'espoir d'une réunification olympique se renforce.

    Les premiers signes de la "glasnot" insufflés par le nouveau dirigeant soviétique Gorbatchov, permettent d'entrevoir une présence soviétique, donc celle de ses alliés à Séoul.
    Le chemin est long cependant, qui conduit à la participation de l'Est. Le refus de Cuba, qui soutient directement Pyong Yang, et de l'Ethipie, empoisonnent l'atmosphère.
    Samaranch multiplie ses interventions et ses contacts. Pélerin permanent et obstiné de l'olympisme, il réussit le tour de force de faire dialoguer, à Lausanne, au siège du CIO, les délégués du Nord et du Sud. Il obtient l'assentiment voilé du Moscou et parvient à dissiper les tensions en suggérant de confier au Nord une partie des compétitions olympiques ; mais Pyong Yang exige un partige réel des Jeux.
    Appuyé par le CIO et la Charte Olympique, Séoul s'accroche à ses positions : c'est une ville et non un Etat qui a été désigné comme organisateur des Jeux de la XXIVème Olympiade. Ce condept prévaut après que le Nord ait donné l'impression qu'il cédait aux offres du président Samaranch.

    Dès 1987, grâce à des condidences de dirigeants soviétiques ou de sportifs de haut-niveau, on apprend qu'en haut lieu, la "présence" a déjà été décidée. Ni l'U.R.S.S., ni la R.D.A. ne peuvent se passer une seconde fois des Jeux.
    Curieusement, c'est la Hongrie qui se démarque la première et qui, en décembre 1987, annonce fièrement qu'elle prendra part aux Jeux Olympiques d'été de Séoul. Elle est bientôt imitée par tout le bloc de l'Est. Grâce à ces adhésions, on sait, dès le premier semestre 1988, que 160 comités olympiques nationaux, sur le total de 167 du CIo, se rendront à Séoul, d'où surgissent de nouveaux dangers.
    Eb Juin 1987, de graves incidents, provoqués par les étudiants s'opposant au régime autoritaire du présient Chun Doo-Hwan, éclatent dans plusieurs villes de Corée.

    Roe Tae-Woo succède bientôt à Chun ; la manorité relative, élue en mars 1988, doit apprendre à composer avec l'opposition. L'agitaiton ne cesse pas pour autant et l'on se bat encore à l'université de Séoul, quelques jours avant l'ouverture solennelle des Jeux.
    Alors que la Corée du Nord confirme officiellement qu'elle ne sera pas à Séoul, mais affirme en même temps qu'elle ne fera rien pour perturber les Jeux, Séoul est devenu une sorte de camp retranché.

    D'exceptionnels mesures de sécurité ont été prises autour et à l'intérieur de cette mégapole de 11 millions d'habitants, où s'intègrent 13 000 participants et 9000 journalistes, ainsi que des dizaines de milliers de touristes étrangers.

    Pour contrôler la situation, 100 000 policiers et militaires ont été mobilisés. 10 000 soldats et gendarmes sont responsables de la sécurité des sites de compétition et au village olympique. 30 000 policiers quadrillent la banlieue et la cité.
    Tout semble prévu, sauf l'imprévisible, quand le 17 Septembre à midi les 160 délégations défilent sur la piste du stade olympique avant de se réunir sur la pelouse.



    Les Coréens ont déployé, des dizaines de milliers d'oriflammes à travers Séoul pour saluer la naissance des Jeux de la XXIVème Olympiade.

    C'est sur le fleuve Han que s'ouvre le traditionnel prélude des Jeux. Des centaines de bateaux décorés de bleu et de blanc, couleurs symbolisant l'Orient et l'Occident, ou bien encore pourtant les couleurs des 5 anneaux olympiques, sortent d'un halo de brouillard artificiel, précédant l'embarcation porteuse du tambour du dragon, animal qui figure l'eau et l'abondance.
    Ainsi les Coréens purifient-ils le festival sportif dont ils ont la charge et recréent l'espace originel de l'homme : un espace où n'existe ni soleil, ni lune, où tout est harmonie et silence, où la direction qu'il aut prendre est indiquée par le lever du jour.
    De la dimension sans limite du fleuve, qui s'écoule vers la mer, 2 milliards de téléspectateurs passent au périmètre fermé du stade.
    C'est ce que les Coréens appellent la route de l'aurore, qui conduit à la création du monde.
    Surgissent alors des milliers de joueurs de tambour, accompagnant, les roulements sourds du tambour du dragon qui évoquent les battements du coeur des participants aux Jeux, tandis que l'arbre de fie, fiché en plein stade, représentant le ciel, la terr, l'homme se transforme en une vasque surmontant un pyloôle, d'où jaillira bientôt la flamme olympique.



    C'est alors, après que M. Roe Tae-Woon président de la République, ait pénétré dans le stade, que commence le plus long défilé de l'histoire olympique, avec ses 160 délégations. Sous un soleil brûlant, près de 9000 athlètes sont rangés au doude à coude sur la pelouse, quand M. Park Seh-Jik, président du comité d'organisation, prend la parole :
    "Le monde a surmonté de nombreux obstacles qui menaçaient notre bonheur. Nous sommes réunis, ici, tous ensemble, l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud, ignorant les barrières politiques et idéologiques qui nous séparaient..."

    Juan Antonio Samaranch, président du CIO, qui a tant lutté depuis 1981 pour que ces Jeux soient universels, n'a plus qu'à rappeler la force et l'unité du mouvement olympique, avant de passer le témoin à M Roe Tae-Woo qui déclare les Jeux ouverts, selon la formule sacramentelle.

    Apparaît alors Kee-Chung Sohn, champion olympique de marathon aux Jeux Olympiques de Berlon en 1936. A l'époque Sohn avait couru contre son gré sous les couleurs du Japon, puissance occupante, qui avait réduit la Corée au rang de colonie.
    52 ans plus tard, la Corée se venge de l'ennemi héréditaire en accordant à Kee-Chung Sohn le triomphe populaire auquel il n'avait cessé de penser. Sohn à 76 ans.



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