EPREUVES MARQUANTES

    Le Suédois Sigrid Edström remplace à la présidence du CIO le Belge Baillet-Latour. Comme en 1936, Armand Massard préside le Comité Olympique Français.

    A Saint-Moritz, 878 athlètes sont engagés, dont 801 hommes et 77 femmes, représentant au total 28 nations.



    L'ouverture des Jeux est proclamée par le Président Enrico Celio et le serment prêté par le hockeyeur Ricardo Torriani.



    Lors des 10 jours de compétition, 22 épreuves seront disputées, représentant 5 sports. Au total,68 médailles seront décernées devant plus de 59 000 spectatuers.

    Le 6 septembre 1946, à Lausanne, le CIO avait décidé à l'unanimité que Saint-Moritz organiserait en 1948 les Vème Jeux Olympiques d'hiver. Cette décision fut prise immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale afin que les Jeux ne meurent pas.

    Le nombre des nations est identique à celui de Garmisch-Partenkirchen, avec la présence, cette fois, de la Corée du Sud et du Danemark. Le Japon et l'Allemagne, pays agresseurs lors de la Seconde Guerre Mondiale, n'ont pas été invités à participer à ces Jeux.




HOCKEY SUR GLACE



    Le 8 janvier, une vive polémique vient troubler le tournoi de hockey sur glace.
    2 équipes américaines se présentent au tournoi. La première équipe, l'Amateur Athletic Union, veut participer au tournoi sans avoir été engagée par son comité olympique.
    Le CIO refuse que l'AAU prenne part à la compétition.
    La deuxième équipe, l'Amateur Hockey Association, s'est inscrite auprès de la Ligue Internationale de Hochey sur glace. Le Comité Suisse d'Organisation, accepte l'inscription. Le CIO se fâche et refuse catégoriquement qu'une équipe américaine participe au tournoi.
    Un différend naît immédiatement entre le CIO et la Ligue iInternationale de Hockey sur glace. Pour ne pas bouleverser l'organisation du tournoi, le CIO accepte cependant que l'AAU dispute la compétition.
    Le président du Comité Olympique américain, Avery Brundage, futur Président du CIO, soutient l'autre équipe pour son amateurisme.
    Finalement, l'AHA sera déchue de sa 4ème place et disqualifiée.

    Le tournoi de hockey se déroule malgré tout et, pour la 5ème fois, le Canada est champion olympique, devant la Tchécoslovaquie et la Suisse.




SKI DE FOND



    En ski nordique, la Suède réalise la performance de conserver le titre olympique du 18 km. Cette performance peut apparaître comme banale pour un pays comme la Suède ; mais l'exploit est de trouver 3 Suédois sur le podium : Martin Lundstrom, Nils Ostensson et Gunnar Eriksson aux 3 premières places.

    Sur 50 km, les Suédois occupent les deux premières places grâce à Nils Karlsson, lauréat de l'épreuve et à Herald Eriksson, second.

    Lors du relais 4x10 km, les Suédois décrochent la médaille d'or en bouclant l'épreuve en 2h 32'8".
    Le relais finlandais, deuxième, arrive avec un retard de plus de 9' en 2h 41'46".




SKI ALPIN



    Le 2 février, Henri Oreiller, 23 ans, dossard n°9, prend le départ de la descente. Le Français est réputé pour aimer la vitesse mais son style laisse beaucoup à désirer.
    A chaque fois, il est proche de la chute, les risques pris sont énormes mais il décroche sa première médaille d'or à plus de 77 km/h.
    Le second, l'Autrichien Franz Gabl, termine la course avec un retard de 4"1.
    La Suisse est présente à la 3ème place, avec ses 2 ex aequo, Karl Molitor et Rolf Olinger.

    Pour le slalom, 5 Français se présentent au départ: Couttet, Oreiller, Lacroix, Penz et de Huertas. Les deux premiers réussissent à décrocher respectivement l'argent et le bronze. Le Suisse Edi Reinalter gagne la course avec 5/10ème d'avance sur James Couttet.

    Le 4 février a lieu la dernière épreuve du combiné alpin, le slalom. Coutter remporte l'épreuve et cette victoire lui assure la 3ème place du combiné derrière le Suisse Molitor, et le Français Oreiller qui remporte l'épreuve.

    En 1948, à l'âge de 28 ans, Gretchen Fraser est une inconnue. Skiant en première position, elle réalise le meilleur temps de la première manche du slalom en 59"7. Erika Mahringer est à 1/10ème derrière elle. Alors que Fraser se prépare à s'élancer pour la seconde manche, un problème survient dans le système de chronométrage. Il ya a une interruption de 17 minutes pour rmédier à ce problème. Malgré cette interruption, Fraser boucle sa seconde manche en 57"5 et remporte le slalom.




PATINAGE ARTISTIQUE



    Le 6 février, une toute nouvelle jeune fille, déjà championne du monde de patinage artistique dames, fait son entrée dans le monde des Jeux d'hiver, Barbara Ann Scott.
    Cette jeune Canadienne de 19 ans fait songer à l'inoubliable Sonja Henie.
    Le jour du programme libre, la glace est en mauvais état à couse de deux matchs de hockey. Juste avant que Scott ne monte sur la glace, une autre patineuse, l'Américaine Eileen Seigh, lui indique exactement où se trouve les ornières.
    Barbara Ann Scott surclasse très facilement toutes ses rivales et remporte l'épreuve devant l'Autrichienne Eva Pavlick et l'Anglaise Jeannette Altwegg.

    Chez les hommes, on assiste également à la naissance du grand champion américain Richard Button.
    2 jours avant le programme libre des Jeux Olympiques, Dick Button, âgé de 18 ans, réussit un double-axel pour la première fois. Il a envie d'inclure ce nouveau saut dans son programme mais, menant la compétition, il hésite à risquer sa position de leader en essayant un saut qu'il ne maîtrise pas complètement. Il le tente cependant et le réussit parfaitement. Dick Button est placé à la 1ère place par 8 des 9 juges. Seul le juge suisse place le champion du monde Hans Gerschwiller à la 1ère place.

    Dans la compétition de couples, les Canadiens Morrow et Diestelmeyer, 3ème, sont les premiers à réussir ce qui sera bientôt appelé "la spirale de la mort". Mais ce sont les Belges Micheline Lannoy et Pierre Baugniet qui l'emportent.




SAUT A SKI



    Birger Ruud gagne la médaille d'argent du saut spécial moyen tremplin. Son compatriote, le Norvégien Petter Hugsted l'emporte.


    La Norvège figure une nouvelle fois à la 1ère place du classement officieux des nations avec 10 médailles, dont 4 d'or, 3 d'argent et 3 de bronze, suivie par la Suède.

    Les Jeux de Sain-Moritz sont les Jeux du ski alpin. Ils permettent à la France de gagner 5 places au palmarès des nations. La grande vedette est incontestablement Henri Oreiller, athlète le plus médaillé des jeux avec 2 médailles d'or et 1 médaille de bronze au ski alpin.
    Ces Jeux, organisés à Saint-Moritz, marquent un tournant dans l'histoire des Jeux Olympiques d'hiver. Ils voient le ski alpin voler la vedette au ski nordique.

    Quant aux athlètes, ils garderont un très bon souvenir des Jeux et de l'organisation "à la suisse".


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